Le blog de Sylvie Andrieux

Députée des Bouches-du-Rhône


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Le drame de Lampedusa nous concerne tous

Comment ne pas s’émouvoir du drame des migrants décédés à Lampedusa ? Cette tragédie commémorée par nos voisins Italiens devrait être commémorée dans chaque pays d’Europe.

Comment accepter que des hommes, des femmes et des enfants, risquent leur vie pour accéder à une Europe dont ils ont fait un mythe ?

Comment ne pas comprendre que c’est l’Europe, par sa politique coloniale hier, puis par ses interventions militaires aujourd’hui, qui a lié son destin à celui de ces migrants ?

Eloignés de leur pays par la guerre, la misère, la famine, ils sont refoulés par l’opulente Europe. Faut-il blâmer et punir une personne qui ne cherche qu’à survivre, dont le seul crime serait d’entreprendre ce chemin vers l’étranger, dans l’espoir d’une vie meilleure, ce même chemin qu’ont emprunté les Européens colonialistes, dans le sens inverse mais pour les même raisons ?

L’immigration qui est dénoncée par certains, de plus en plus nombreux, est une constante de notre pays, elle en est une importante composante. Marseille en est la plus belle illustration, ville ouverte sur la mer peuplée de tous les peuples des rives méditerranéennes. Si les flux migratoires doivent être régulés et encadrés, dans l’intérêt de tous, migrants comme sédentaires des pays d’accueil, le drame de Lampedusa doit nous rappeler notre responsabilité et notre devoir d’humanité. On estime à près 20 000 morts le total des victimes de la traversée de la Méditerranée, sur des embarcations de fortune.

Cet été, le pape François a rendu hommage à ces victimes et a fustigé « la globalisation de l’indifférence » dans laquelle se déroulent ces drames. Il a prié pour ces migrants, mais aussi pour « nous tous, prisonniers de nos peurs et distraits ».

Ne soyons pas indifférents devant ces morts qui nous concernent tous.

Les slogans populistes dénoncent l’immigration comme la cause de tous nos maux, mais chacun doit bien comprendre que derrière ces formules faciles et l’abstraction des mots, il y a des hommes, des femmes et des enfants qui meurent en masse.

Le pape nous a rappelé que la charité et la compassion faisaient partie de nos valeurs européennes. Ne l’oublions pas et n’oublions pas les victimes de Lampedusa. Ne soyons pas prisonniers de nos peurs ni de ceux qui les attisent avec calcul.

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La SNCM est d’utilité publique

Beaucoup fustigent l’Europe trop libérale, et la manœuvre de la société Corsica Ferries auprès de la Commission Européenne semble effectivement  jouer un peu facilement sur cette tendance libérale pour justifier une attaque qui serait fatale à son concurrent Français, la SNCM. La société italienne estime que que les aides perçues entre 2007 et 2013 pour le service « complémentaire », couvrant les périodes de pointe pendant la saison touristique, ne compensent aucun besoin réel de service public, ce qu’a reconnu Bruxelles.

Le gouvernement français estime pour sa part que ce service complémentaire, destiné à renforcer pendant les périodes de pointe le service permanent assuré sur les lignes desservant la Corse pendant toute l’année, répond à un besoin réel de service public. Il rappelle que la SNCM joue un rôle indispensable pour assurer le service public de la continuité territoriale entre la Corse et le continent et maintenir une concurrence réelle sur ce marché.

Construire l’Europe, ce n’est pas seulement mettre en place un grand marché fondé uniquement sur la morale commerciale, où le lucre est la seule valeur, mais c’est aussi construire une dynamique économique faisant prospérer des bassins de population. La SNCM est d’utilité publique parce qu’elle procure plus de 3000 emplois, directement ou indirectement.

L’essor du Grand Port Maritime de Marseille dépend lui aussi de cette desserte vers la Corse, et je m’associe aux élus qui demandent une intervention de l’Etat afin de lever les incertitudes qui pèsent sur l’avenir de la SNCM, comme je l’avais déjà demandé à M. Cuvilliers par une question écrite au gouvernement il y a un mois. Plus encore que la sauvegarde de milliers d’emplois, c’est toute la stratégie de la région, autour de sa grande métropole tournée vers la Méditerranée,  qui est en jeu.

A tous les échelons nous nous mobilisons pour sauver la SNCM.


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Un premier mai difficile

La première fête du travail du quinquennat de François Hollande se déroulera cette année dans un triste contexte.

Le chômage, bien sûr, qui ne cesse d’augmenter, n’a pas encore infléchi sa courbe et atteint des sommets qu’on voulait oublier.  C’est un triste constat, mais cela n’enlève rien à la pertinence des mesures que les socialistes mettent en place, qui n’ont pas produit encore leurs résultats.

La loi sur la sécurisation de l’emploi marque quant à elle la division des partenaires sociaux, qui défileront en ordre dispersé,  et un bouleversement de notre code du travail. Néanmoins, l’unité syndicales se reforme pour condamner l’austérité qui menace la France, entraînée dans le sillage d’une politique européenne suicidaire.
Et il n’est pas question de « germanophobie » dans cette prise de position, puisque le chef des sociaux-démocrates allemands, Sigmar Gabriel a fustigé lui aussi la cure d’austérité imposée par Merkel pour régler la crise de l’euro, affirmant qu’elle conduit l’Europe à «l’anorexie».

La loi contre les cessions de sites rentables qui a été déposée aujourd’hui à l’Assemblée Nationale est enfin une bonne nouvelle pour la sauvegarde des emplois, et cet engagement de campagne de président de la République arrive à temps pour sauver ce premier mai et nos valeurs socialistes.

La proposition de loi vise à imposer au responsable de l’entreprise qui veut se séparer d’un site «une obligation dans un premier temps d’en informer les salariés, d’en informer le comité d’entreprise». Ensuite, «le responsable de l’entreprise, celui qui veut la fermer, doit chercher un repreneur».  En cas de faillite à ces nouvelles obligations, l’entreprise pourra se voir infliger une pénalité financière allant jusqu’à 20 fois le salaire minimum par emploi supprimé (plus de 28 000 euros), qui alimentera un « fonds de revitalisation ».

Une seconde mesure prévoit l’abaissement de 30 % à 25 % du seuil à partir duquel il est obligatoire de lancer une opération publique d’achat (OPA) sur la totalité du capital d’une entreprise, pour éviter les prises de contrôle rampantes, ou « OPA hostiles ». Le texte prévoit en outre de renforcer du rôle des comités d’entreprise en matière d’exigence de transparence et la possibilité d’une médiation, en lien avec l’Etat, pour améliorer les garanties données aux salariés dans les cas d’OPA.


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Le message de Benoît XVI

C’est avec étonnement que j’ai appris hier la démission du pape, comme tous les catholiques. Depuis des siècles, l’Eglise n’avait pas connu cette situation. Alors qu’on pouvait imaginer Benoît XVI comme un esprit conservateur, il vient de démontrer un anticonformisme et une continuité de l’esprit de réforme qui guidait son prédécesseur.
Le Souverain Pontife donne aussi une leçon de gouvernance à tous les chefs d’Etat et responsables politiques : passé un certain âge, il est honorable de se retirer.

Certainement, la fin de règne douloureuse de Jean-Paul II aura guidé sa décision, et je tiens à rendre hommage au guide spirituel des chrétiens catholiques, qui a su donner des signes forts en faveur de la paix. En septembre, à Beyrouth, il avait lancé un appel sans précédent pour une nouvelle coopération islamo-chrétienne destinée au Moyen-Orient :  « Il est temps que musulmans et chrétiens s’unissent pour mettre fin à la violence et aux guerres », tout en appelant à la paix en Syrie.

J’avais été touchée par cette phrase qu’il avait alors prononcé : « La chrétienté et l’islam habitent le même espace depuis des siècles. Il n’est pas rare de voir dans la même famille les deux religions. Si dans une même famille cela est possible, pourquoi cela ne le serait-il pas au niveau de l’ensemble de la société ? »

Je partage avec le pape cette vision d’une société plurielle apaisée et j’espère que son successeur continuera ce travail de rénovation d’une église qui doit s’adapter à l’évolution de nos sociétés modernes.


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Le président de la République au Mali

Tombouctou

François Hollande est en ce moment au Mali, après une guerre-éclair qui a refoulé les extrémistes et libéré le Mali de la menace fondamentaliste.
A Tombouctou on ne coupe plus la main des voleurs et la population fait un bon accueil à nos troupes libératrices et au président Français.

Mais la menace terroriste est toujours présente, et si la France a remporté une bataille, le danger existe toujours, plus au nord dans le désert. L’action de la France a apporté l’aide et la réactivité qui manquaient aux militaires Maliens pour éviter une défaite. Le Mali est un pays structurellement fragile, en pleine crise politique. Passer le relai aux militaires Africains de la mission internationale de soutien au Mali (Misma) est plus que jamais une nécessité, maintenant.

La joie de la population libérée des obscurantistes religieux nous montre qu’un islam tolérant existe et qu’il est la première victime des extrémistes. Ces fondamentalistes ne sont que des chefs de bande preneurs d’otages, des trafiquants de drogue et des assassins. Leur revendication religieuse n’est qu’un faux nez qui masque leurs activités criminelles.
Cette situation n’est pas si éloignée de celle que nous vivons en France, où notre jeunesse se laisse parfois abuser par des terroristes sous prétexte d’une religion qu’ils ont su détourner a leur profit. L’affaire Merah en est le symbole le plus tragique.

Aider le Mali à lutter contre les « narco-terroristes » du désert Malien est une obligation pour la France, à plus d’un titre. Pour que le Mali retrouve une stabilité politique, il fallait l’aider a retrouver le contrôle de son territoire, au sud comme au nord. Pour lutter contre les trafics en tout genre, drogues, armes, qui inondent notre pays, il fallait contrôler les étendues du nord-Mali devenu une plaque tournante majeure de ces trafics. Pour lutter contre l’extrémisme terroriste, il fallait stopper nette l’agression des islamistes et éviter que le Sahel ne devienne leur sanctuaire. Enfin, cette région du monde est d’un intérêt économique certain pour notre pays, et notre intervention préserve notre influence en Afrique sub-saharienne.

La vitesse de réaction de la France a été déterminante, et François Hollande a montré qu’il savait prendre des décisions rapides et efficaces. Notre pays a affirmé sa souveraineté et sa capacité d’action au niveau international. La suite des opérations sera difficile, mais la première phase de notre intervention est un succès.


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Un demi-siècle d’amitié

C’est un voyage plein d’émotions qui a marqué le cinquantenaire du Traité de l’Élysée. Le seul malaise notable dans cette journée d’hier fut celui d’un de nos collègues, fort heureusement sans gravité, ce qui a retardé un peu notre départ en avion vers Berlin.

L’accueil que l’Allemagne avait réservé aux parlementaires Français était à la hauteur des liens qui unissent nos deux pays. Avec une organisation parfaite du côté du Bundestag et beaucoup de chaleur entre les élus des deux rives du Rhin, cette journée a renforcé l’amitié Franco-Allemande.
Et quoi qu’en disent certains, j’ai ressenti la réalité de cette relation exceptionnelle qui nous rapproche, au-delà de nos différences. Oui , “le courant passe » parfaitement entre le président Français et la chancelière Allemande, j’en suis témoin. Et c’est dans ce même esprit chaleureux que les parlementaires ont échangé leurs expériences. Les présidents des deux assemblées ont plaisanté en évoquant « Astérix chez les Goths », avec beaucoup d’humour.

La coopération entre nos deux grands pays, qui symbolisent le cœur de l’Europe, va encore se renforcer. C’est quelque 75 nouvelles mesures de coopération concernant l’industrie, la recherche, l’innovation, les transports, l’énergie, entre autres, qui accompagnent « La déclaration de Berlin », véritable prolongation du traité de l’Élysée. Nos deux pays vont aussi créer un groupe de travail franco-allemand sur les questions de compétitivité en associant les partenaires sociaux.
L’Assemblée nationale devrait ainsi approfondir sa relation avec le Bundestag, pour développer une vision commune européenne dans les dix à quinze ans à venir.

Est-ce parce que je suis la fille d’une Alsacienne que cette journée d’amitié m’a émue particulièrement ? En rentrant à Paris j’ai constaté que c’était bien la même neige qui couvrait les toits des deux capitales, unies par un destin commun.
Alors que le Premier ministre du Royaume-Uni veut interroger par référendum sa population sur l’opportunité de rester dans l’Union Européenne, Berlin et Paris ont affirmé hier qu’elles en étaient le cœur.


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Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes

Aujourd’hui, la violence familiale et le viol constituent des risques plus importants pour les femmes entre 15 et 44 ans que le cancer, les accidents de la route ou le paludisme. En France, 654 000 femmes ont déclaré avoir subi des violences physiques ou sexuelles en 2009, soit près de 20 000 de plus qu’en 2008. Une femme meurt sous les coups de son mari tous les deux jours et demi en France.

Alors que les campagnes de sensibilisation à l’égard de la lutte contre les violences faites aux femmes se multiplient, nous devons nous engager ensemble pour lutter contre ce fléau. Un fléau qui n’épargne aucune société : violence conjugale, abus sexuels, harcèlement sexuel au travail, mariage précoce ou forcé, mutilations génitales, agressions sexuelles, viols comme tactique de guerre, etc.

Face à un tel constat, nous savons que la réponse ne peut être que globale et néanmoins adapté à la situation de chaque pays. Une réponse qui doit englober la prévention et l’aide aux victimes bien sûre mais également une réponse ferme à l’endroit des agresseurs. Pour cela, notre soutien aux associations d’aide aux victimes est indispensable!

Si la lutte contre les violences est devenue grande cause nationale depuis 2010, si les actions de lutte contre ces violences se multiplient, force est de constater que nous devons faire face à un problème qui doit être combattu par l’ensemble de la société. 

Alors que notre société est encore marquée par de fortes inégalités entre les femmes et les hommes, la question de la condition féminine doit être plus que jamais une priorité si l’on souhaite faire évoluer les mentalités. Nous devons prendre conscience ensemble que les violences faites aux femmes constituent un fléau et nous attaquer aux inégalités.