Le blog de Sylvie Andrieux

Députée des Bouches-du-Rhône


Poster un commentaire

Réflexions autour de 3 drames

La mort de Rémi Fraisse, sur le site controversé de Sivens, pose de nombreuses questions concernant l’évolution de notre société. La mort d’un manifestant est un drame déplorable pour une démocratie… Les nombreuses zones d’ombres qui subsistent empêchent d’élucider les circonstances exactes de ce décès. Les forces de l’ordre ont reconnu leur responsabilité, c’est bien une grenade qui semble avoir causé ce terrible accident. Il est évident que jamais il n’a été question de tuer un manifestant, mais que les gendarmes mobiles n’ont fait qu’accomplir leur devoir. Les images disponibles montrent que certains manifestants ont attaqué à coup de cocktails molotov les forces de l’ordre, les contraignant à une riposte musclée. L’usage de grenades n’a rien d’exceptionnel en pareille circonstance, mais pour la première fois cela a tué un innocent.
Le ministre de l’intérieur a pris la seule décision qui s’imposait : interdire l’usage de ces armes.
Une des questions qui apparait, derrière la tragédie, est la motivation de certains de ces manifestants qui se revendiquent anarchistes et partisans de l’action violente. La question écologique était-elle vraiment leur combat ? Ces casseurs ont aussi une part de responsabilité dans la mort de Rémi Fraisse.
Une autre question soulevée par ce drame, est l’utilité de cette retenue d’eau, que certains experts contestent, études à l’appui. Sans la mobilisation citoyenne, et la mort tragique d’un manifestant, ces questions ne se seraient peut-être jamais posées.
Mais quelle que soit l’émotion légitime que provoque ce décès, il n’est pas tolérable qu’il serve de prétexte au saccage et à la violence, comme cela a été la cas à Nantes, ou dans une moindre mesure à Paris.

La tension que la crise économique provoque dans notre société produit des réactions extrêmes et des débordements inutiles. Les socialistes se déchirent et certains adoptent des postures indignes, comme celle qui veut salir la mémoire de Christophe de Margerie. Confondre l’homme et la fonction qu’il occupe est une erreur.
Là où la retenue devrait être de mise face aux drames que nous subissons, certains font de la surenchère sur ces dérapages et aggravent la fracture qui divise notre société, au moment où l’unité de la gauche devrait être une réponse aux difficultés. Nous en sommes loin…
Hier, le sous-officier des forces spéciales Thomas Dupuy est mort au combat au Mali. C’est le dixième soldat Français de l’opération Serval qui donne sa vie pour notre pays. Deux autres militaires français ont été blessés durant cette mission.

Le sacrifice de ces militaires pour leur patrie doit nous faire réfléchir. Les divisions qui fracturent notre société ont-elles un sens face à l’engagement de nos soldats en lutte contre le terrorisme ?

Publicités


Poster un commentaire

Journée mondiale du refus de la misère

La précarité reste, hélas, d’actualité et sa progression devient de plus en plus inquiétante.
L’ONG Médecins du Monde lance un cri d’alarme : l’an dernier, près de 30 000 personnes exclues du système de santé ont été reçus dans leurs centres d’accueil.

Pour la grande majorité des ménages soignés, la précarité alimentaire est en augmentation : « nos patients ont faim » déclare Jean-François Corty, le directeurs des missions France de l’ONG, et un tiers des patients présentent une pathologie en lien avec une alimentation défavorable.


Autre sujet d’inquiétude, selon une enquête pour ATD Quart Monde, 97 % des Français ont au moins un préjugé sur les pauvres. Comment en serait-il autrement quand les responsables politiques mettent en avant les fraudes aux aides sociales, alors que celles-ci restent marginales. Gardons en mémoire que La fraude au RSA représente 60 millions d’euros par an contre 2.989 millions d’euros pour la fraude fiscale !

Je forme le vœux que nos concitoyens retrouvent le sens de la fraternité, un des éléments de notre devise républicaine, et que la solidarité prenne le pas sur l’égoïsme et le repli sur soi.



De plus, la précarité guette les millions de nos concitoyens au chômage. Les sirènes libérales qui suggèrent que la réduction de la durée des allocations serait une bonne solution pour résoudre le déficit des caisses d’assurance-chômage savent bien que serait le meilleur moyen de faire basculer des centaines de milliers de chômeurs dans la misère, qui n’épargne même plus les travailleurs salariés. Le cynisme des visions purement « comptables » des choses est difficilement acceptable pour ceux qui croient encore que le mot socialisme a une signification…


Poster un commentaire

La France doit être exemplaire

Ségolène Royal, en présentant la loi sur la transition énergétique a l’Assemblée Nationale, a rappelé que la France devait être exemplaire sur le plan de la préservation de l’environnement.

Les deux prix Nobel, littérature pour Patrick Modiano et économie pour Jean Tirole, démontrent que les Français peuvent être exemplaires dans de nombreux domaines. Merci à ces lauréats talentueux pour le prestige qu’ils apportent à notre nation, qui en a bien besoin.

La loi sur la transition énergétique adoptée aujourd’hui à une large majorité, participe de ce mouvement vers le progrès dont notre pays a souvent été l’éclaireur. A ce titre, elle est aussi exemplaire. Comment pourrions-nous faire l’impasse sur cette question environnementale qui concerne notre avenir et celui de nos enfants ? 
La réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité de 75% à 50% à l’horizon 2025, et la montée en puissance des énergies renouvelables, biomasse, photovoltaïque et éolien, sont les éléments majeurs de cette loi qui doit faire rentrer notre pays dans une nouvelle ère.

Le secteur du bâtiment, qui représente près de la moitié de notre consommation d’énergie, sera aussi au centre de la transition énergétique avec la mise au normes « bâtiment basse consommation » d’un demi-million de logements par an. Plus économe, notre consommation sera aussi plus solidaire, avec la mise en place d’un fonds de garantie pour faciliter le financement des travaux de rénovation et la création d’un chèque énergie destiné aux plus modestes de nos concitoyens.

Avec des actions concernant tous les secteurs de notre économie, des transports avec les véhicules électriques, à la gestion et la réduction des déchets avec l’abolition de ce fléau que sont les sacs en plastique, en autres, en passant par nos modes de consommation, avec la condamnation de l’obsolescence programmée, cette loi ambitieuse devrait être génératrice de croissance et de dizaines de milliers d’emplois.
En adoptant cette loi, l’Assemblée Nationale a décidé d’orienter la France sur un chemin vertueux, celui de la préservation de notre cadre de vie, de nos ressources et de notre santé.


Poster un commentaire

Peut-on acheter un être humain ?

Le Premier ministre a clairement rappelé la position du gouvernement concernant la gestation pour autrui (GPA), une position que je partage : la GPA est et sera interdite en France.

Le dont de la vie qu’une femme fait à son enfant en permettant son développement dans son corps, les échanges qui s’établissent dès la vie intra-utérine entre la mère et son bébé en devenir, créent des liens indéfectibles. Comment pourrait-on réduire ces neufs mois de symbiose à une simple prestation contractuelle ?


C’est à la fois en tant que mère, mais aussi comme chrétienne pratiquante, que je me refuse à voir se développer cette marchandisation de la vie, contraire à mes principes les plus profonds. Car la GPA implique obligatoirement une rémunération entre la mère porteuse et les parents d’intention, ne serait-ce que pour payer les examens médicaux, les frais qu’occasionne la grossesse, ou un changement de garde-robe… Déjà des sociétés existent à l’étranger pour faciliter les contacts entre les mères porteuses et ceux qui désirent acheter leur corps pour quelques mois. Les tarifs pratiqués réservent ces services aux plus fortunés, comme toujours…



René Frydman, célèbre gynécologue et père du « bébé éprouvette » explique que la démarche de désirer un enfant « de ses gènes » (évoquant la notion de “pedigree”) est une démarche bien différente de l’adoption qui est vraiment, elle, altruiste. Si la GPA était acceptée, en privilégiant donc un “pedigree génétique”, au nom de quoi s’opposerait-on au clonage reproductif, au choix du sexe ou d’autres caractéristiques de l’enfant à naître ? L’eugénisme n’est pas loin.

Le problème éthique est ainsi ajouté aux questions morales soulevées par la GPA.


La ferme réponse politique apportée par Manuel Valls à ces problèmes est donc une bonne décision, que je soutiendrai à l’Assemblée Nationale s’il le faut.