Le blog de Sylvie Andrieux

Députée des Bouches-du-Rhône

La nouvelle donne

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Le président de la République a défini clairement son action, mardi soir, avec un  réalisme assumé qui a laissé de côté les postures idéologiques dogmatiques.
Bien entendu, pour de nombreux socialistes, ce positionnement social-démocrate peut inquiéter, heurter, même, mais sommes-nous condamnés à garder comme unique horizon la lutte des classes, comme il y a un siècle, en opposant éternellement le patron à l’ouvrier ?

Le président, bien au contraire, a clairement tendu la main aux chefs d’entreprises pour amorcer cette nouvelle étape sur le difficile chemin de la réforme et de la sortie de crise ; reconnaissons la franchise de la démarche, et n’ayons pas de crainte : François Hollande est bien un socialiste, et son action restera marquée par les valeurs qui ont fondé notre histoire politique. Le dialogue social et le compromis, comme instruments d’une politique de réforme nécessaire pour mettre en place cette nouvelle donne politique.

Notre pays ne peut rester à la traîne alors que nos voisins, en appliquant des politiques sans concessions sociales, ont trouvé leur méthode de redressement économique en sacrifiant le rôle protecteur de l’état sur l’autel de la rigueur budgétaire.
François Hollande tente une nouvelle approche, tournée vers les forces productives de notre pays, avec le pacte de responsabilité, qui doit alléger le coût du travail pour favoriser l’embauche. Soyons réalistes, les marges de manœuvre sont étroites. Pour résorber le chômage sans faire exploser l’équilibre budgétaire de l’Etat, il n’y a sur qui compter que l’entreprise. Et c’est donc sur ce point que nous devrons agir, pour que la protection sociale ne pèse plus uniquement sur un emploi qu’elle étouffe (37 milliards de cotisations familiales ne pèseront plus sur l’entreprise) , pour que la fiscalité n’éteigne pas la fragile flamme productive, déjà malmenée par les souffles délétères de la crise économique.

Le président, pour préserver notre modèle social, continuera son combat contre ce monstre si français et si vorace en deniers publics : la complexité administrative qui étouffe notre pays. Il n’y aura donc pas de transfert de la fiscalité des entreprises vers les ménages. La réduction des déficits et le financement du pacte de responsabilité seront assurés par la réduction de 50 milliards des dépenses publiques, soit 4% du PIB, un effort sans précédent, mais absolument nécessaire pour nous libérer, enfin, d’une décennie de mauvaise gestion et de laisser-aller. Combattre les abus et les gaspillages, d’où qu’ils viennent, et simplifier l’organisation territoriale sont des solutions intelligentes pour réduire les dépenses de l’Etat tout en le rendant plus performant.

François Hollande a donc annoncé ce nouveau temps du quinquennat, qui sera l’accélération d’une politique de réforme profonde dont le cap fixé il y a des mois restera inchangé : il pointe sur le redressement de notre pays et sa modernisation dans le respect de nos valeurs républicaine. Pour que cette nouvelle donne politique soit accomplie, il faudra aussi renforcer notre action sur l’échiquier européen et  poursuivre l’ accélération de l’intégration économique et sociale. L’Allemagne a fait un pas en se dotant d’un salaire minimum, et ce travail diplomatique se poursuivra vers l’harmonisation fiscale qui doit être la prochaine étape. Un programme de coopération avec l’Allemagne pour mettre en place un grand projet consacré à la transition énergétique devrait renouer avec les grands succès industriels d’hier qui contribuent encore aujourd’hui au prestige de l’Union Européenne, comme Airbus. Là encore, c’est une façon intelligente de stimuler l’innovation et l’activité industrielle, tout en se dirigeant vers une économie respectueuse de l’environnement. Un projet commun de défense qui repose sur un partenariat stratégique devrait de la même manière renforcer le “couple Franco-Allemand”.

Voilà ce que j’ai retenu de cette conférence de presse, et cette nouvelle donne politique doit être défendue, par nos partenaires de gauche comme par nos adversaires, parce qu’il n’y a plus de temps pour la division dans notre pays. De concessions démagogues en politiques de l’autruche, notre pays a laissé passer trop de temps sans agir pour se réformer et s’armer pour remporter les défis économique d’aujourd’hui, seul moyen de préserver notre modèle social.

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