Le blog de Sylvie Andrieux

Députée des Bouches-du-Rhône


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Un dimanche contrasté

Ce dernier dimanche a reflété de façon frappante l’état de notre pays, encore traumatisé par une crise dont on peine à sortir. Comparaison n’est pas raison, dit-on justement, néanmoins je n’ai pas pu m’empêcher de songer aux manifestations des ligues et mouvements réactionnaires des années 30 en découvrant hier les cortèges des manifestants du « Jour de colère ».

Un bien étrange mélange de nationalisme et de christianisme radical faisant penser aux Croix de feu, la discipline en moins. La violence qui a terminé ces tristes cortèges a fait monter d’un cran la tension… Ce repli identitaire et conservateur, conséquence de la violence de la crise économique et financière, n’en doutons pas, est européen et c’est l’exemple espagnol qui motivait certains slogans contre l’avortement ; le caudillo pour les uns, le maréchal pour les autres, l’Europe n’aurait-elle que des idéologies du passé comme promesse d’avenir ?

A l’assemblée, il en est autrement. La suppression de la référence à la « situation de détresse » qui conditionnait l’accès à l’IVG est une avancée pour la liberté des femmes de disposer d’elles-mêmes, un mouvement engagé il y a presque quarante ans qui ne reculera plus. Najat vallaud-Bekacem a bien résumé la position des parlementaires de gauche : « Je dis notamment à ceux qui dans l’opposition ont déposé des amendements pour que l’IVG ne soit plus remboursée par la sécurité sociale : restez dans le consensus républicain qui existe depuis 1975 sur ce droit si essentiel ».

Mais ce dimanche a aussi montré un autre visage de la France, avec la victoire des « indestructibles », les nouveau champions d’Europe de handball. Esprit d’équipe, force morale et enthousiasme, courage et persévérance : ces valeurs qui ont fait triompher les sportifs sont celles de la réussite, et voilà ce que nous devons mettre en avant en oubliant les triste slogans des réactionnaires, enfermés dans un passé nauséabond. 

Autre succès français, celui des Daft Punk qui ont remporté 5 Grammy awards à Los Angeles. Talent, innovation, créativité, sensibilité, voilà d’autres valeurs pour définir la France et les Français d’aujourd’hui.

Gardons à l’esprit ces exemples de réussite, les valeurs qui les ont porté, nous en aurons besoin pour sortir du marasme.

Hier soir, les chiffres du chômage ont confirmé que l’effort fourni par l’ensemble de notre pays devait se poursuivre. Bien sûr, il n’y a pas encore cette inversion de la courbe promise. Mais les premiers résultats sont là.

L’amélioration est nette, le chômage se stabilise chez les chômeurs de moins de 50 ans, et l’inversion de la courbe est effective depuis 8 mois pour les jeunes.
C’est maintenant vers l’emploi des seniors que se portera l’effort du gouvernement. 

Le Pacte de responsabilité proposé par le président de la République sera le cadre d’une discussion dans ce sens avec les partenaires sociaux. Le Premier ministre précisera la méthode de ce pacte jeudi, après avoir vu l’ensemble des organisations syndicales et patronales représentatives.

La lutte pour l’emploi ne faiblit pas, et face à ce combat contre l’adversité nous devons encore une fois serrer les dents et nous accrocher aux valeurs qui fondent notre République, sans nous laisser entraîner par les démagogues et autre Cassandre drapés de défaitisme. Regardons l’avenir plutôt que le passé, défendons le vivre-ensemble plutôt que le repli sur soi, bref, soyons socialistes, plus que jamais.

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La nouvelle donne

Le président de la République a défini clairement son action, mardi soir, avec un  réalisme assumé qui a laissé de côté les postures idéologiques dogmatiques.
Bien entendu, pour de nombreux socialistes, ce positionnement social-démocrate peut inquiéter, heurter, même, mais sommes-nous condamnés à garder comme unique horizon la lutte des classes, comme il y a un siècle, en opposant éternellement le patron à l’ouvrier ?

Le président, bien au contraire, a clairement tendu la main aux chefs d’entreprises pour amorcer cette nouvelle étape sur le difficile chemin de la réforme et de la sortie de crise ; reconnaissons la franchise de la démarche, et n’ayons pas de crainte : François Hollande est bien un socialiste, et son action restera marquée par les valeurs qui ont fondé notre histoire politique. Le dialogue social et le compromis, comme instruments d’une politique de réforme nécessaire pour mettre en place cette nouvelle donne politique.

Notre pays ne peut rester à la traîne alors que nos voisins, en appliquant des politiques sans concessions sociales, ont trouvé leur méthode de redressement économique en sacrifiant le rôle protecteur de l’état sur l’autel de la rigueur budgétaire.
François Hollande tente une nouvelle approche, tournée vers les forces productives de notre pays, avec le pacte de responsabilité, qui doit alléger le coût du travail pour favoriser l’embauche. Soyons réalistes, les marges de manœuvre sont étroites. Pour résorber le chômage sans faire exploser l’équilibre budgétaire de l’Etat, il n’y a sur qui compter que l’entreprise. Et c’est donc sur ce point que nous devrons agir, pour que la protection sociale ne pèse plus uniquement sur un emploi qu’elle étouffe (37 milliards de cotisations familiales ne pèseront plus sur l’entreprise) , pour que la fiscalité n’éteigne pas la fragile flamme productive, déjà malmenée par les souffles délétères de la crise économique.

Le président, pour préserver notre modèle social, continuera son combat contre ce monstre si français et si vorace en deniers publics : la complexité administrative qui étouffe notre pays. Il n’y aura donc pas de transfert de la fiscalité des entreprises vers les ménages. La réduction des déficits et le financement du pacte de responsabilité seront assurés par la réduction de 50 milliards des dépenses publiques, soit 4% du PIB, un effort sans précédent, mais absolument nécessaire pour nous libérer, enfin, d’une décennie de mauvaise gestion et de laisser-aller. Combattre les abus et les gaspillages, d’où qu’ils viennent, et simplifier l’organisation territoriale sont des solutions intelligentes pour réduire les dépenses de l’Etat tout en le rendant plus performant.

François Hollande a donc annoncé ce nouveau temps du quinquennat, qui sera l’accélération d’une politique de réforme profonde dont le cap fixé il y a des mois restera inchangé : il pointe sur le redressement de notre pays et sa modernisation dans le respect de nos valeurs républicaine. Pour que cette nouvelle donne politique soit accomplie, il faudra aussi renforcer notre action sur l’échiquier européen et  poursuivre l’ accélération de l’intégration économique et sociale. L’Allemagne a fait un pas en se dotant d’un salaire minimum, et ce travail diplomatique se poursuivra vers l’harmonisation fiscale qui doit être la prochaine étape. Un programme de coopération avec l’Allemagne pour mettre en place un grand projet consacré à la transition énergétique devrait renouer avec les grands succès industriels d’hier qui contribuent encore aujourd’hui au prestige de l’Union Européenne, comme Airbus. Là encore, c’est une façon intelligente de stimuler l’innovation et l’activité industrielle, tout en se dirigeant vers une économie respectueuse de l’environnement. Un projet commun de défense qui repose sur un partenariat stratégique devrait de la même manière renforcer le “couple Franco-Allemand”.

Voilà ce que j’ai retenu de cette conférence de presse, et cette nouvelle donne politique doit être défendue, par nos partenaires de gauche comme par nos adversaires, parce qu’il n’y a plus de temps pour la division dans notre pays. De concessions démagogues en politiques de l’autruche, notre pays a laissé passer trop de temps sans agir pour se réformer et s’armer pour remporter les défis économique d’aujourd’hui, seul moyen de préserver notre modèle social.


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Mes vœux pour une année de liberté, d’égalité et de fraternité

Pour cette nouvelle année, je veux présenter mes meilleurs vœux de bonheur à tous les Marseillais, et mes souhaits de réussite pour la la difficile mais nécessaire politique menée par François Hollande et Jean-Marc Ayrault. Notre pays a été malmené en 2013 : la contestation de beaucoup de nos concitoyens a exprimé les difficultés majeures que le gouvernement doit affronter.

Pourtant il nous faut être courageux et optimistes. Les mesures mises en place pour lutter contre la crise que nous traversons devraient porter leurs effets. Le chômage semble arrêter sa progression et ce mouvement devrait s’accentuer cette année.

Le changement que le président de la République est en train de mettre en place concerne tous les secteurs de notre économie, ce qui peut déstabiliser ou inquiéter les Français. Pourtant, il faut en passer par cette phase difficile pour mieux rebondir. Nous préparons la France de demain, dans le respect des valeurs humanistes et républicaines qui caractérisent notre pays, afin de construire un avenir plus juste et protecteur pour les moins favorisés. C’est le sens de la vaste réforme fiscale annoncée par le Premier Ministre. Nos institutions ont évolué, le non-cumul des mandats apportera un renouveau dans notre vie politique. L’innovation de nos entreprises est valorisée, c’est l’action que mène le ministre du redressement productif qui chaque jour combat l’adversité économique.

Plus forte à l’intérieur, la France sera toujours aussi influente sur le terrain international. Nous continuerons à influer sur le destin de l’Europe, pour privilégier la croissance et contenir l’austérité ; en Afrique nos soldats qui sont les seuls à pouvoir combattre sans délai le terrorisme ou prévenir les massacres des guerres civiles seront toujours présents pour faire progresser la paix. Notre pays restera en 2014 une des grandes nations du monde.

Ne perdons pas courage devant les difficultés, il y a encore beaucoup à faire pour redresser notre pays et il faut tenir le cap fixé. C’est dans la continuité et en persévérant avec conviction que l’action mise en œuvre depuis 18 mois trouvera le succès. Bien sûr, je sais que les plan sociaux et les faillites d’entreprises nous rappellent chaque jour que la crise est toujours bien présente…

Raison de plus pour redoubler d’effort et réaliser cette quadrature du cercle qui doit à la fois préserver les entreprises et le modèle social français. La France était malade et le remède a l’amertume des potions efficaces. Parfois on déteste son docteur parce que la guérison doit se gagner dans la douleur, et c’est ainsi que j’interprète les sondages d’opinions. J’espère qu’en retrouvant sa santé, la France saura remercier l’équipe qui a été à son chevet dans les temps difficiles.

Enfin, je souhaite que cette année les Français gardent le bon sens qui les caractérise, sans céder aux chants nauséabonds de ceux qui veulent dresser les communautés les unes contre les autres et qui désignent les habituels boucs émissaires à la vindicte populaire. Je remercie Manuel Valls pour ses mises en garde à l’encontre de ceux qui jouent avec le feu par intérêt personnel, en foulant aux pieds notre pacte républicain.

Restons unis et solidaires, la fraternité est aussi la devise de notre République.

Je vous souhaite à tous une bonne année 2014, et je resterai à votre écoute, comme toujours, parce que les seules paroles qui m’importent sont celles que vous exprimez quand je vous rencontre à Sainte Marthe ou dans ma circonscription.