Le blog de Sylvie Andrieux

Députée des Bouches-du-Rhône

Suppression des allocations familiales en cas d’absentéisme scolaire : Sarkozy persiste à proposer des mesures injustes et inefficaces !

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Alors que le gouvernement a libéralisé la carte scolaire au bénéfice des plus aisés, qu’il supprime par milliers des postes d’enseignants, que le nombre des professeurs remplaçants est réduit à la portion congrue, qu’on substitue aux surveillants des caméras, alors que la droite a brisé notre système éducatif, voilà que le Président remet en projet la double peine pour ceux qui sont les premières victimes de l’affaiblissement de l’Education Nationale !

La lutte contre la délinquance, l’absentéisme et le décrochage scolaires sont des problèmes difficiles qui méritent mieux que de nouvelles gesticulations ! Sarkozy a ressorti du grenier les mêmes vieilles recettes censées remédier aux maux sociaux que ses politiques n’ont pas réglées mais, au contraire, aggravées. Lors des Etats Généraux de l’éducation, les participants ont été unanimes pour dire que cette mesure serait injuste, inefficace et qu’elle aggravera la situation de familles, qui doivent être aidées plutôt qu’agressées par l’administration.

En matière d’absentéisme scolaire, les mesures seulement répressives ont partout démontré leur impuissance. En Grande Bretagne, le taux d’absentéisme scolaire a augmenté de 40% depuis que le pays pénalise financièrement et emprisonne les parents « responsables ».

En France, la suspension des allocations familiales, déjà prévue par la loi depuis 2006, est dénoncée jusque dans les rangs de la droite – par la voix de l’ancien ministre de l’Education nationale, Luc Ferry – comme une mesure « injuste et inefficace ». Après avoir été supprimé par un décret en 2004, le principe de suspension des allocations familiales est revenu en force après les émeutes de 2005. La loi sur l’égalité des chances de 2006 a instauré le polémique « contrat de responsabilité parentale » qui permet la suspension des prestations liées à l’enfant faisant l’objet du contrat. Fin 2009, le député Eric Ciotti avait tenté de relancé le dispositif, une remise au goût du jour critiquée par Martin Hirsch, parti du gouvernement depuis.

Qu’à cela ne tienne : d’après le président de la République, si la suppression des allocations ne fonctionne pas, c’est qu’elle n’est pas assez « systématique ». Il faut une nouvelle loi, une de plus. Et puisque les Conseils généraux, dont relève aujourd’hui la décision de suspension, rechignent à exercer cette compétence, la solution est toute trouvée. Ce seront désormais les préfets qui devraient recevoir le pouvoir de sévir ! Soumis à la pression de leur hiérarchie, on imagine de quelle manière ils appliqueront la mesure…

Le gouvernement doit mettre enfin en place un plan national de lutte contre le décrochage scolaire, fondé sur l’individualisation des réponses et la généralisation des dispositifs relais. S’il y a un désintérêt de l’école, il faut analyser la situation avant la sanction, sinon, on ne responsabilise pas mais on culpabilise. Un contrat passé entre les institutions de la république et les parents, basé sur l’ambition commune que les enfants réussissent, aurait pu être un instrument contribuant à renouer cette confiance rompue. Un tel contrat nécessite dialogue, réciprocité, la recherche d’un accord de volonté.

Or le « contrat de responsabilité parentale » est manifestement unilatéral. La menace de sanctions en cas de non signature parait contraire au principe de libre adhésion. Elle participe de fait à la culpabilisation d’un grand nombre, ce qui aboutit à distendre les liens entre les citoyens et les institutions républicaines.

La démarche d’accompagnement est à privilégier : les caisses sont là pour aider les parents, les allocations ne sont pas des récompenses. C’est profondément injuste car cela va forcément pénaliser des familles en difficulté, et cela va creuser un fossé supplémentaire entre l’école et les familles, car celles-ci jugeront l’école responsable de la perte des allocations. Pourquoi ne pas plutôt régler l’absentéisme scolaire avec des mesures d’orientation. Si le choix du parcours est imposé, il y a peu de chances que les enfants soient intéressés.

Rappelons que la suppression des allocations familiales est une mesure qui revient régulièrement lors de discours sécuritaire… Le gouvernement chercherait-il à reconquérir les électeurs séduits par le Front National et qui lui ont échappé aux dernières élections régionales….?

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